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 Natàlia alias Zeïren : Haine Vengeance et Rancœur

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Zeïren
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MessageSujet: Natàlia alias Zeïren : Haine Vengeance et Rancœur   16/03/09, 03:54 am

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Je m'appelle Natàlia. J'ai 29 ans et je viens de Séville.


Seattle. La pluie d'automne martèle les vitres. Le tonnerre gronde et le vent fait trembler les fenêtres. L'unique lampe de la cuisine grésille et se balance doucement au plafond, éclairant la pièce d'une lueur blafarde. Il flotte dans l'air des odeurs de tabac et des relents acides d'alcool. Tout est en désordre. Il règne dans la pièce une atmosphère où la peur et la folie s'entremêlent allègrement.
Ils sont là. Les hommes en noir. Je tremble. La peur m'étreint le cœur. Leurs visages plongés dans l'ombre, un reflet métallique s'accroche à leurs ceintures. Seul l'un d'entre eux baigne dans la lumière. C'est le plus mauvais de tous. Je perçois encore la sensation de sadisme, de démence et de haine que dégageait son âme. Sur son cou sont tatouées les initiales "SZ" et son oeil gauche est fait de métal. Il lui manque une partie de l'oreille droite et sa peau huileuse présente de nombreuses cicatrices.
Il rit. De cruauté. Son rire rauque et sonore résonne à mes oreilles comme un martèlement métallique. Je me rappelle son œil menaçant, reflet de la folie des hommes. Injecté de sang par la haine et l'alcool, il se fixe un instant sur moi. Son regard d'émeraude m'écorche l'esprit et je prends pleinement mesure de sa folie et de l'insignifiance de ma propre vie. L'adrénaline jaillit dans mes veines en un flot ininterrompu de peur. La sueur fait se coller mes vêtements à ma peau. Accrochée à ma sœur, je n'attends qu'une seule chose : que cela cesse.

Crève putain de flic !

Il me transperce les tympans. Il ne rit plus. Les yeux exorbités de démence, il crache ces quatre mots à la face de mon père. Tranchants, ils sonnent comme une sentence. Agenouillé sur le carrelage froid de la cuisine, la tête basse, le corps brisé, ses dernières pensées sont pour ses enfants. Il s'apprête à aller rejoindre sa femme, étendue à côté de lui, inerte. Le sang coule lentement de la blessure par balle, se mêlant à sa longue chevelure brune. Le mafioso tend son bras : sa chemise blanche est parsemée d'éclats écarlates. Il tient une arme. Un doigt sur la détente, le temps semble alors se figer tandis que la dernière seconde s'écoule.
La détonation brutale. Ma vue et mon esprit se brouillent, mon coeur s'arrête. Le tintement clair d'une douille qui résonne : la deuxième. Elle rebondit et vient prendre place à côté de la première. Le corps de mon père heurte le sol avec un bruit mat tandis que le silence se fait dans la nuit. Une odeur âcre et métallique s'élève alors dans l'air. La poudre ? Le sang ? Il me semble entendre au loin les sirènes hurlantes des véhicules de la Lone Star. Mais tout cela n'a plus d'importance désormais. Des bruits de pas précipités, une porte qui claque : les hommes en noir repartent.
J'ai onze ans à ce moment là. Et pour la première fois de ma vie je rencontre ce sentiment de haine qui ne devait plus me quitter.

***************


Après cet amer tour de la vie, nous faisant vaciller si jeunes, ma sœur et moi sommes restées longtemps en catatonie, repliées sur nous-mêmes, ne nous quittant jamais. Je ne voulais plus être en contact avec le monde extérieur, perfide, vicieux, fourbe et bien plus encore. Mon univers tournait alors uniquement autour de l'autre survivante : ma sœur. Les médecins et psychologues ne pouvaient rien y changer. Il n'y avait qu'avec elle que je me sentais en sécurité. On nous renvoya donc en Espagne près de Séville là où vivait encore notre grand-mère, dans l'espoir de nous voir guérir.
Notre grand-mère. Elle était la seule famille qui nous restait ; nous avions l'habitude de venir la voir dans la campagne andalouse pendant les vacances scolaires. Sa maison était située à l'écart d'un petit village de quelques centaines d'habitants, plantée au milieu des oliviers et respirant le calme et la nature. Elle vivait sur une terre sauvage et ensoleillée où de fiers chevaux espagnols foulaient encore le sol de leurs sabots. C'est elle qui nous ramena à la vie ma sœur et moi. Elle irradiait d'une joie de vivre et d'une bonne humeur communicative.
Petit à petit elle nous redonna l'envie d'exister, nous faisant oublier ce qu'il s'était passé. Elle nous rapprit à vivre et nous éleva comme ses propres enfants.
Lorsque mes premiers pouvoirs se manifestèrent, ce fut elle qui m'apprit que j'avais "le don" comme elle l'appelait. Je découvris alors avec stupeur et émotion que j'étais capable de manipuler cette force mystérieuse et invisible que l'on appelle mana. Elle m'enseigna comment basculer dans cet autre monde, inaccessible aux non éveillés, et comment user de la magie. J'étais alors totalement fascinée par ce que j'apprenais et par les multiples possibilités qui s'offraient désormais à moi. Totalement à l'opposé, ma sœur elle passait son temps à bidouiller et bricoler tout ce qui lui passait par la main, des robots ménagers à ses accessoires électroniques. Nous étions très proches l'une de l'autre et un lien puissant nous unissait. Nous ne pensions plus à ce moment là à la folie des hommes et à la haine qui les habitait.


C'est alors que, vers l'âge de mes quinze ans, je fis une rencontre qui allait changer ma vision du monde pour toujours :


L'été est enfin là. Le ciel est bleu et dégagé à perte de vue ; le chaud soleil d'Espagne baigne d'un éclat cuivré la terre ocre et sèche des douces collines avoisinantes. Les oliviers en fleurs répandent leur parfum doré dans toute la campagne et leurs feuilles brillent d'un éclat d'argent sous les rayons lumineux de l'astre du jour. Leurs troncs gris et noueux s'élancent vers l'immensité de l'azur avec majesté et leurs branches aux formes torturées semblent implorer les dieux de ce monde. Un vent chaud et musical souffle, jouant avec la poussière et les pétales de fleurs. Il transporte jusqu'à mes sens les senteurs épicées du monde et le murmure des arbres. Les cigales chantent dans les hautes herbes leur rythme saccadé.
J'arpente le chemin de terre sèche qui mène à la maison, portant un sac rempli de provisions pour ce soir. Rien que d'y penser j'en salive déjà. La chaleur commence à se faire sentir et l'ombre des arbres est la bienvenue lorsque je dois monter jusqu'au faîte d'une colline. Essoufflée, j'atteins enfin le sommet. Je pose mon chargement quelques secondes et je profite du point de vue qui s'offre à moi. Je ne me lasse pas de contempler la campagne sous mes yeux. Je me perds lentement, vagabondant au fil de mes pensées, quand soudain un bruit de bois mort qui craque suivi d'un renaclement retentit derrière moi. Surprise, je me retourne. Et là je l'aperçois pour la première fois.

Dans la lumière dorée de la poussière et du soleil il se tient, noble et immobile. Sa crinière sombre danse avec le vent et son poil luit d'un éclat flamboyant. Il est gigantesque. Sa robe noire reflète le bleu du ciel et l'odeur d'une terre sauvage et libre m'envahit. Sa tête altière est tournée vers moi et il me fixe de son regard, fier et puissant. Plus un bruit ne se fait entendre, la nature s'est figée à son approche. Une atmosphère surréaliste se dégage de la scène. J'en reste bouche bée. Son regard plein d'intelligence me laisse entrevoir qui il est et alors à ce moment là, je comprend qu'il m'a choisi. Il s'approche de moi, ses sabots foulant le sol d'un pas aérien. Tremblante, je tends ma main vers lui. Il est si près que je peux sentir la chaleur qui se dégage de son corps. Au moment de le toucher il me montre des lieux irréels et fantastiques, que seul un esprit peut connaître, et nous entamons un voyage de mystères et de magie.
Rêve ou réalité ? Lorsque je me réveillais, le soleil avait bien avancé dans le ciel. M'étais-je assoupie ? Autour de moi rien ne paraissait avoir changé. Et pourtant. Et pourtant, il me semblait entendre encore au loin les bruits de sabots indomptés galopant librement sur la terre. Quelque chose était différent, avait changé en moi. Je repris mon chemin, pensive. Je savais que, désormais, il veillerait sur moi.
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Zeïren
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MessageSujet: Re: Natàlia alias Zeïren : Haine Vengeance et Rancœur   16/03/09, 03:55 am

Esprits mentors. Symbolisant un idéal, une figure mythique ou un concept, c'est ainsi qu'on les nomme la plupart du temps. Ils vous apparaissent et vous guident tout au long de votre vie. Et c'est précisément ce qui m'est arrivé ce jour là.

La vie continua donc, rythmée par la magie et les études, et les années passèrent, paisibles dans l'ensemble. Au moment d'entrer dans la vie active nous décidâmes, ma sœur et moi, de laisser la campagne pour louer un petit appartement dans Séville même. Nous vécûmes quelques temps de petits boulots avant de réussir à trouver un travail stable. C'était la belle époque. Cependant, la vie étant ce qu'elle est, ce fut au tour de ma grand-mère de partir à son tour. Fatalement, chaque seconde qui passe nous rapproche un peu plus de la fin, et je dus faire son deuil.
Tant bien que mal nous tentions de continuer notre chemin et de compenser ce vide dérangeant. Coup du destin ou simple hasard, ce fut à ce moment là que j'eus mes premiers contacts avec le monde des ombres. Je pourrais vous raconter comment, mais c'est une autre histoire. Toujours est-il que, étant éveillée, j'attirai l'attention d'un groupe de ces mystérieux "coureurs des ombres", qui n'étaient encore alors que légendes à mes yeux. Ils prirent contact avec moi et me proposèrent un marché : je me sers de mes pouvoirs pour les soigner lorsqu'ils en ont besoin et en échange je reçois ma part en euros. La vie n'étant pas toujours facile, j'acceptais. Je me rendis vite compte de la nécessité pour le groupe d'avoir un mage capable de soigner. A l'hôpital ils vérifient votre identité, vous fichent, répertorient vos cybernétisations - pas toujours légales, signalent à la Lone Star les blessures par balle, j'en passe et pas des meilleurs à commencer par le coût. C'est ainsi que, régulièrement, ils firent appel à moi pour des cas plus ou moins graves. Petit à petit je commençais à les fréquenter et à les connaître un peu mieux et au bout d'un temps je fis quelques missions en leur compagnie, mettant à profit quelques autres de mes talents magiques.
Bien sûr je ne réussis à cacher cela à ma sœur qu'un temps seulement. Elle n'était pas dupe et nous nous connaissions trop bien. Elle appréciait moyennement mais elle voyait bien que c'était une source de revenus supplémentaire non négligeable. Cependant, elle ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter pour moi, arguant qu'un jour cela pourrait mal tourner, une erreur pouvant si vite arriver. Mais j'avais pris goût à cette double vie, même si cela ne faisait que quelques mois, et je ne l'écoutais pas.

Jusqu'au jour où...




Natàlia ?

Le martèlement régulier de la pluie sur les pavés résonnait dans l'air frais et calme du petit matin.

Natàlia ? Fit le troll un peu plus fort, ses vêtements détrempés.

Tu devrais partir d'ici.

Loin, je veux dire. Quitte le pays si tu peux, c'est le dernier conseil que je puisse te donner
, finit-il avec une note de regret dans la voix.

Tout à coup, le brouillard dans lequel était plongé mon esprit se dissipa et je revins à la réalité : la pluie tombant sur mes épaules, le froid mordant de la pierre sous mes genoux et le bruit de fond incessant de la ville qui s'éveille. Comment ? Pensais-je, désespérée. Comment est-ce possible ? Comment en suis-je arrivée là ? Mon épaule meurtrie se rappella à moi douloureusement. Des gouttes de sang rouge tombaient du bout de mes doigts, se diluant dans l'eau ruisselante. Je ne voyais à présent que trop bien l'enchaînement des évènements qui nous avaient amené là. On aurait pourtant dû se douter dès le début que c'était un piège ! Tant d'euros pour une run pareille, c'était pas normal bon sang !
Mes yeux humides brouillent ma vue, je n'ai plus la force de me lever. Ce serait tellement plus simple de s'allonger ici et d'abandonner, de se laisser partir. Mais je revois sans cesse ce moment fatal. Je les revois nous surprendre lorsque l'on s'apprêtait à rentrer chez moi. En un éclair notre destin fut scellé. Échange de coups de feu, jets éthérés de mana, et au milieu de tout cela, je la vois apparaître. Elle, ma sœur. Elle me crie quelque chose, mais je ne comprends pas. Horrifiée, je réalise alors combien le destin peut être aussi fourbe que cruel. Au mauvais endroit ; au mauvais moment. Je me dirige vers elle aussi vite que possible, la peur m'étreint le cœur. Je la vois qui tente tant bien que mal de se mettre à l'abri. Nos regards se croisent tandis qu'un instant s'écoule. Et elle se raidit. Une expression d'incompréhension flottant sur son visage. Je vois dans ses yeux la tristesse et la résignation. La tache écarlate sur sa chemise grandit alors qu'elle tombe au sol pendant ce qu'il me semble être une éternité. Le canon de l'arme pointée vers elle fume encore. Le street sam qui la tient la range et dégaine alors son katana, me fixant de ses yeux froids et inexpressifs. Très calmement, le visage figé en un masque d'une froide détermination mêlée a une colère sourde, je lui fais face. Des images défilent devant mes yeux tandis qu'il commence à se diriger vers moi. Je me vois toute petite, dans cette cuisine, là où la mort les a emportés. Assassinés pensais-je d'une voix amère et sifflante. Je revois le visage du mafioso comme si ç'avait été hier : sa démence, sa violence. La haine qui coulait dans ses veines ; ce besoin impérieux de tuer. Un meurtrier, un salopard ! Mes bras tremblent tandis que le pouvoir afflue en moi. Mon cœur bat de plus en plus vite à l'évocation de ces souvenir. Un sentiment plus fort que la colère m'envahit. Une sensation de haine, de violence inouïe. Et maintenant elle, ma sœur ? La seule personne qu'il me restait ? hurlai-je en pensée. Toutes ces émotions éclatèrent au moment ou le samouraï des rues arriva sur moi en courant, prêt à me donner le coup fatal. Je libérai alors mon pouvoir en hurlant et dirigeai toute ma haine contre celui qui l'avait tué. L'esprit que je venais d'invoquer se matérialisa et enferma le street sam dans son étreinte, le déchiquetant à proprement parler, sans lui laisser la moindre chance.

Je ne me souviens plus de la suite. Tout est flou. La seule chose que je sais c'est qu'il n'y a que moi et le troll qui avons survécu. Tous les autres se sont fait avoir. Un goût amer envahit ma bouche. La rancœur refait surface et ma rage intérieure se ravive alors que ces images se dissipent. Je jure qu'ils ne l'emporteront pas au paradis. pensais-je froidement.
A côté de ma main, sur le sol, repose le katana du street sam. Sa lame reflète les premiers rayons du soleil et la pluie tinte sur le métal. Je me souviens l'avoir ramassé à côté du corps de son propriétaire. Pourquoi ? Je ne saurais vraiment le dire. Quel intérêt y aurait-il à garder l'arme de son meurtrier ? Sa vue seule suffit pour me consumer de haine. Comme un rappel permanent de ce qu'il s'est passé, pour ne pas oublier. Je le prends dans mes mains, je le regarde un instant et, dans un effort douloureux, je me relève. Froid et résolu, mon regard a changé ; j'ai pris ma décision : il y encore une personne dont le crime reste impuni. Une personne qui se trouve loin d'ici et qui n'aurait pas dû nous laisser en vie. Je suis déterminée à aller jusqu'au bout, jusqu'à ce que mort s'ensuive.
Ce sera lui ou moi.


Tu as raison, fis-je doucement. Je dois m'en aller.

Le troll me regarde une dernière fois et me sourit tristement.

Nos chemins se séparent ici ; bonne chance Zeïren.

Toi aussi, fis-je en hochant la tête.

Et je partit, ne me retournant pas.




Je m'appelle Natàlia. J'ai 29 ans et je viens de Séville.
Haine Vengeance et Rancœur, voilà ce qui me ronge le cœur.
.






Voilà, c'est la première fois que je fais un background de perso alors j'espère qu'il tient la route.
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